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La traversée
du Zanskar

Om Mani Padme Hum: le
plus célèbre mantra du bouddhisme tibétain nous accompagnera
tout au long de notre marche!
29 Aout: 120 Km de route de Leh à Lamaruyu en 4 heures, car un
camion dans un virage avait fait une chute dans l'Indus, l'armée
ayant interrompu la circulation pour essayer de sortir le corps du malheureux
chauffeur.
Nous arrivons donc tard et il nous est impossible
de voir le monastère le plus visité du Ladakh
Il tombe quelques gouttes et nous montons vite
les tentes, puis nous allons prendre un repas dans une petite auberge,
à la lueur de bougies. Nous commençons à nous mettre
dans l'ambiance de la longue randonnée qui nous attend...
Jour 1
Lamaruyu - Wangila
Premier col et 400 m de dénivellée
pour une mise en jambe à 3800m: le Prinkiti - La. ça y est,
nous réalisons que nous sommes partis pour une belle ballade de
santé! Le ciel est couvert mais il en faut plus pour nous inquiéter...
au passage du col, avec notre guide, nous crions nos premiers "Qiqii
Sosoo Lha gyal lo"!
(Les dieux sont vainqueurs, les démons sont
vaincus!). Tradition tibétaine à respecter absolument!
-2.JPG)
Puis longure descente
sur le premier village: Wanla où les habitants moissonnent. Ainsi
que nous le verrons par la suite, Septembre est l'époque de la
fenaison et des récoltes de l'orge,aliment
de base de ces rudes montagnards.
Nous monterons le camp à Wangila, dans un
vallon boisé très étroit où les haubans des
tentes s'entrecroisent...
Jour 2
Wangila -Hanupatta
Nous remontons une vallée puis des gorges
magnifiques où le chemin se transforme parfois en une vire aérienne.
Les muletiers doivent débâter
les animaux dans ce passage trop étroit
 
Nous passons à Hanupatta. Halte chez un
habitant où nous trouvons
du Coca. Ça change du thé

Un peu plus loin, le camp est monté sur
une bonne terrasse.

Jour 3
Hanupatta - Photoksar
Journée marquée par l'ascension du
Sirsir-La, 4805m. L'altitude du Mt Blanc, mais sans neige!
Au contraire, vaste paysage désertique où
les couleurs varient des beiges au roses en passant par des nuances de
gris bleutés. Magique.
 
Nous redescendons sur Photoksar, lieu tout aussi
magique. Le village est accroché à la pente dominant une
profonde gorge et dominé par de hautes parois. Des champs en terrasse
forment une mosaïque du plus bel effet. Le camp est monté
avant le village et peu après, les villageois le traversent en
rentrant de leur journée de travail dans les champs.
Les femmes voudraient nous acheter des légumes mais nous n'avons
que le strict nécessaire. Cela prouve aussi que leur production
leur donne une autosuffisance bien juste.
Jour 4
Photoksar - Bivouac du Sengge La

Nous passons en face du village de
Photoksar dans lequel nous aurions aimé pouvoir rester un peu et
nous continuons la montée progressive vers le Sengge la, en dessous
duquel nous passerons la nuit, à 4500m, dans un endroit aussi magnifique,
au pied d'une paroi éventrée par une grande faille, éclairée
par un coucher de soleil somptueux. Le terrain est gazonné mais
humide.
 -2.jpg)
Parfois,d'imprévus
bouquets de fleurs nous nous étonnent dans l'aridité du
décor.

Jour 5
Sengge La - Skiumpatta
Le col est assez raide et l'altitude de 5020 m
est un bon test, passé sans problème, presque en courant!
Jean Claude surveille tout de même son cardiofréquencemètre,
pour rester dans les limites!


La vue est splendide,
le s
muletiers nous ont rejoint puis attendus, pour crier tous ensemble le
célèbre "Qiqi Sossoo Lha gyal lo!"

A la descente, nous observons un moment une famille
d'Ibex dans la paroi, avant de continuer vers le col suivant, le Kyupa
la (4500M).
De là, nous descendons sur un plateau cerné
par 2 torrents, sur lequel se trouve le petit village de Skiumpatta.

Jour 6
Skiumpatta - Linshed
Le vent a soufflé fort, les tentes ont tenu
et nous avons pu observer la planète Mars pour la première
fois, n'étant pas cachée par les sommets alentours, 2003
est en effet l'année pendant laquelle la distance Terre-Mars est
la plus courte!

Le Murgyum-la est franchi (4450m) puis un autre, dominant le village de
Linshed, dans un formidable cirque minéral, oùnous
arrivons à midi, alors que le ciel se couvre et laisse présager
la pluie.

Visite du gompa où un moine nous invite à venir partager
avec sa communauté quelques semaines d'hiver. L'accès se
fait alors en remontant la Zanskar prise par les glaces -nommée
alors Tchadar: rivière gelée-, et décrite en particulier
par Olivier Fölmi, dans un très beau film. Nous y réfléchirons
La marche se poursuit par une succession de cols
jusqu'à la raide et impressionnante descente sur le bivouac de
Nyetse. Le seul bon emplacement étant occupé par un groupe,
nous coucherons dans le lit très rocheux du torrent!

-2.JPG)
Karma, devant la longueur de l'étape du
lendemain, préfère que Jean Claude la fasse sur un cheval,
afin de s'économiser et de la réaliser dans les temps. N'oublions
pas ses 70 printemps!

Jour 7
Nyetse - rivière Oma-chu
Une des plus grosses journées! Escalade
du Hanuma la, 4700m et longue descente de 1300m de dénivelée
sur le bivouac bien situé,au bord d'une rivière impétueuse
: la Oma-chu.
Il y a des vues saisissantes avant d'y arriver!
 Nous
faisons notre première rencontre avec les yaks
Le
soir, grosse frayeur, lorsqu'une soudaine bourrasque a balayé le
camp et arraché notre tente. Je l'ai saisie de justesse avec Samdup
mais 2 matelas se sont envolés vers la rivière! Willu a
bondit et courut et après un moment, est revenu avec notre autogonflant
qu'il a pu récupérer, en rentrant dans l'eau jusqu'à
la poitrine. Un mini mousse était perdu mais ce fut un moindre
mal. Nous lui manifesterons une grande reconnaissance!
Jour 8
Oma-chu - Hanumil
Ascension du Parfi La (3920m) puis descente sur
la rivière Zanskar, que nous allons remonter jusqu'à Padum.
Journée fatigante et très poussiéreuse. De l'autre
côté de la Zanskar, nous pouvons voir les travaux de construction
de la piste qui rejoindra l' Indus dans quelques années, désenclavant
toute cette région.


Le bivouac d'Hanumil est agréable, avec bosquets de petits arbres.
Nous y rencontrons une sympathique hollandaise, qui fait seule le trek,
dans l'autre sens et accompagnée de deux muletiers.
Nous échangeons nos emails.
Jour 9:
De Hanumil à Pishu
La vallée s'élargit, nous faisons
une pause thé à Pitmo. Notre hôte écrit une
lettre que Karma portera au destinataire dans un prochain village.
 
Le terrain est peu accidenté, nous avalons
les 18 Km rapidement pour profiter d'une belle fin d'après midi.
Le camp de Pishu est agréable, situé
juste au bord de la rivière sur un
terrain gazonné.
Jour 10:
De Pishu à Padum
Traversée de Pishu avec scènes de récoltes et battages
de l'orge, avec yaks et chevaux. Les enfants participent activement.
 
Plus loin, nous passons en face de Zangla, résidence
des rois et reines du Zanskar jusqu'il y a peu de temps encore.
Nous franchissons une moraine et nous découvrons
au fond la vallée de la Tsarap que nous devrons remonter les jours
suivants...

Nous devions faire étape à Karsha
et visiter son monastère mais la météo est mauvaise,
avec un violent vent de sable mélangé d'eau . Les tentes
ne tiendront pas, Karma préfère pousser jusqu'à Padum.

Padum, capitale du Zanskar et son millier
d'habitant, n'est pas une jolie ville mais on peut s'y ravitailler
car depuis une quinzaine d'année une piste la relie
au Cachemire.

Nous y achetons donc le nécessaire pour
continuer, légumes frais et kérosène. Et des ufs
pour les omelettes du matin !
Nous y mangeons même au restaurant, assis
sur de vraies chaises
Nous sommes à la moitié du parcours et étonnés
de la facilité avec laquelle les journées s'enchaînent
Cette étape
aura été longue, 25km, et le sommeil nous prend vite.
Jour 11:
De Padum à Raru
Nous remontons maintenant la Tsarap pour quelque
jours.
Parcours de piste, un peu monotone, qui conduit à Raru (mais les
travaux continuent pour rejoindre sans doute un jour le Shingo La et rallier
la route reliant Manali à Leh. Nous verrons en effet en redescendant
du Shingo La, qu'une piste remonte déjà la vallée
venant de Darsha sur une dizaine de kilomètres. La " civilisation
" avance
Ce trajet est cependant marqué par le passage au vieux Gompa de
Bardan, perché sur un roc.
  
Nous passons devant Pibcha 
Le camp de Raru est entre deux moraines, près
d'un petit "lac", que les villageois remplissent et vident par
un système de dérivation.

Un groupe de trek
organisé s'est déjà installé, ils vont sur
Lamaruyu
Scènes de vie sous la tente:
Karma cuisine, nous attendons le repas et ensuite, Samdup fait la vaisselle...
  
Jour 12:
Farniente
La majorité demande un jour de repos, donc
nous passons la journée sur place. Lessives et petite ballade au
village, à son Stupa dominant le site, et l'école, crée
et sponsorisée par une association allemande, qui d'ailleurs critique
vertement sur un panneau le comportement des trekkeurs français,
qui pénètrent dans les classes, appareil photo au poing,
sans gêne et sans respect... Nous pensons que ce texte a été
écrit sous le coup de la colère après le passage
d'un groupe indélicat, mais il n'empêche, c'est l'ensemble
des marcheurs français qui est stigmatisé.
 
Jour 13:
De Raru à Tsetan
Il a plu un peu dans la nuit mais rien de méchant,
le ciel est un peu couvert.
Nous reprenons le sentier, passage à Ichar, accroché le
long d'une faille (avec curieux petits moulins -à poivre, selon
Karma-, moi je penchais plutôt pour la tsampa
)
-2.JPG)  


La vallée se rétrécit et de
nombreux éperons rocheux obligent à d'incessantes montées
et descentes. Quand il faut croiser un troupeau, tout le monde se serre!
Une halte dans un petit tea-shop nous délasse
De temps en temps, nous voyons toujours ces petits champs d'orge, pointillés
verts entre ces parois austères.

Avant
Tsetan, une autre grosse faille à franchir et le sentier se fait
aérien...
Jour 14:
De Tsetan à Kangsar
Même style de parcours, les bosses se succèdent.
Nous allons à Khangsar, petit camp après Purney, où
nous resterons 2 nuits, afin d'aller visiter le fameux monastère
de Phuktal. Le camp est tenu par une famille très sympathique.
Ils ont même aménagé une piéce où l'on
peut se doucher, bien agréable!
-2.jpg)
Jour 15:
Découverte du Gompa de Phuktar
Phuktar ! Le point d'orgue de ce trek ! Site merveilleux
d'un gompa du 15 ème siècle plaqué à la montagne
que l'on atteint en un peu moins de 2 heures, par des gorges aux couleurs
superbes. En fait, c'est toujours la Tsarap, mais qui prend une belle couleur
bleue.
 
 -2.jpg)
 
 

La vie semble ici hors du temps, nous pourrions
être des siècles dans le passé...
Jour 16:
De Kangksar à Tanze
Avant de quitter Khangsar, les gens nous invitent
chez eux à boire le thé au beurre et manger la tsampa. Les
nombreux contacts avec les randonneurs font qu'ils parlent anglais et
la communication est aisée. Ils sont d'une très grande gentillesse,
ils nous demandent nos adresses. Nous notons la leur et prenons leur email,
qu'ils consultent lorsqu'ils vont à Manali. Ce n'est pas tous les
jours
Nous leur donnons aussi un peu de pharmacie.
2.jpg) 
5h30 de marche et nous sommes à Tanze, à
4070m.

Jour 17:
De Tanze à Kargyak
Depuis Purney, nous remontons la vallée de la Kargyak-Chu.
Justement, Kargyak est aussi le nom du dernier village que nous rencontrons
avant de rejoindre Rarik dans quatre jours, lorsque nous aurons franchi
le Shingo La.
Il y a un petit " hôtel " où nous prenons le thé
avec le propriétaire, " policier -paysan " très
gentil qui nous donne même des légumes frais geste que nous
apprécions à sa juste valeur. Quand il fait mauvais temps,
je crois que l'hôtel doit être le bienvenu!
  
Jour 18:
De Kargyak au pied du Shingo-La
La haute et magnifique silhouette du Gumbarunjon
va nous servir de point de mire toute la journée. Monolithe de
près de 1000m de hauteur, il paraît qu'il a été
escaladé en 1995 pour la première fois.

Au pied, se tient un camp de nomades
vivant là pendant toute la belle saison, avec leur troupeau, vivant
dans des petits cercles de pierre surmontés
d'une simple toile.
L'accueil est chaleureux et nous dégustons le thé brûlant
et le djo, yogourt délicieux et pour eux, aliment essentiel. Des
jeunes filles nous entonnent des chants qu'enregistre Kallu, avec un petit
magnétophone. Nous ne voyons aucun homme, ils doivent être
dans les pâturages.
  
 
Il nous faut quitter ce lieu magique pour installer le camp un peu plus
haut, à 4500m, entre des glaciers étincelants. Deux jeunes
filles viendront un peu plus tard, à dos de yak, nous faire acquitter
la taxe de camping. Nous leur offrons thé et gâteaux et elles
nous expliquent que cette taxe est reversée à l'administration,
à Padum. Tous les emplacements sont maintenant payants (50 roupies
par tente). Il faut bien que le tourisme ait quelques avantages
Précisons toutefois, que la situation est loin d'être comparable
à celle du Népal
  
Jour 19:
Passage du Shingo La
L'ascension du Shingo La sera en fait
une formalité pour nos organismes bien acclimatés. Bien
souvent, il n'en est pas de même pour les personnes faisant le trek
dans l'autre sens et qui ne sont pas assez acclimatées au départ
de Darsha. Nous avons croisé le groupe d'une agence qui redescendait
du col avec un français souffrant d'un dème pulmonaire.
Il était sur un cheval et allait essayer de rejoindre Padum le
plus vite possible. Pour lui, hélas, le trek tournait court.
 
L'ascension finale se déroule
dans un pierrier raide et nous comprenons les difficultés lorsque
les conditions météo sont mauvaises
et qu'il neige. Plusieurs personnes ont perdu la vie à cet endroit.
Dernier col et derniers "Kikii Sosso Lha gyal lo!" de victoire.
Nous restons une heure au col, le savourant comme il se doit, malgré
la fraîcheur de ses 5096m.
Il ne nous reste plus que deux jours et demi de descente pour retrouver
nos vies antérieures et nous nous sentons déjà un
peu nostalgiques
 
Nous dépassons le lieu habituel de bivouac,
Ramgyak -qui est en fait une ruine-par manque d'eau pour aller plus bas,
dans une pente de gros blocs assez inconfortables.
Jour 20:
Jusqu'au lieu-dit Sumdo
Comme tous les matins depuis le début, nous
nous réveillons avec le "tea-bed" de Samdup à
6 h. Ah, quel plaisir et si nous pouvions avoir un Samdup toute l'année
à la maison!.. Nous lui en sommes vraiment reconnaissants.
Poursuite de la descente, dans une succession
de pierriers et chaos que nous aurons jusqu'à la fin.

Nous franchissons une rivière sur un pont
qui a remplacé depuis peu un câble transbordeur à
péage. L'argent récolté a servi à la construction
de ce pont confortable.
Le camp est établi tôt, nous permettant
un repos prolongé.
 
Jour 21:
De Sundo à Darsha
Le dernier jour! Etat mélancolique au départ
du dernier bivouac. Nous longeons le torrent impétueux en parlant
peu, méditant sur l'impermanence des choses
Nous franchissons l'impressionnant pont -passerelle
de Pal Lhamo, surplombant un canyon bouillonnant mais bientôt, il
sera remplacé par un pont plus important, la piste montant de Darsha
y arrive et des ouvriers y travaillent. Il ne restera plus qu'un souvenir .

 
Encore quelques km de piste et nous voici au village
où nous prenons le car qui nous emmène à Darsha!
Fin de l'aventure
De Darsha, avons juste le temps de
sauter dans le car qui part pour Keylong où nous dormirons à
l'hôtel, puis le lendemain, ce sera le retour à Manali en
taxi. La boucle est bouclée. Nous sommes heureux et tristes...

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